- Quoi ? Personne n'est resté bloqué dehors cette nuit ? Incroyable, on va peut être pouvoir tenir un jour de plus ! commentait Doc' ce matin.
Il semble que nous soyons enfin partis sur des bases saines. Les explorateurs et les ouvriers se combinent à merveille et nous parvenons à assurer nos principaux objectifs sans le moindre problème. Peut être que la chance commence vraiment à nous sourire ? À ce rythme, on va déterrer deux scies demain ! Et Dieu sait à quel point les scies sont redoutablement utiles. Et puis, ça épargne de douloureuses échardes.
La survie, bien qu'évidemment prioritaire, est rendue moins essentielle au profit du plaisir. Plusieurs d'entre nous refusent de se prêter plus longtemps à l'épicurisme, et, sans gêner ni piller nos ressources, s'adonnent à divers amusements. Les jeux se multiplient et semblent déjà avoir attiré la majeure partie de la population. Nous ne nous soucions même plus de ce que peuvent faire les fouineurs et les gardiens, de l'autre côté du désert. Qu'ils meurent, qu'ils soient dévorés par les zombies ou qu'ils trouvent un moyen de fuir cet enfer, ce n'est plus notre problème. L'important est l'instant présent, et l'avenir proche. Les seuls repères temporels réellement essentiels. En tant que chroniqueur, je suis un des seuls à avoir la charge de me soucier d'un éventuel avenir lointain, dont j'espère que les enfants sauront comment nous vivions à notre époque.
Kokaine a organisé une amusante petite loterie pour déterminer qui aurait le droit de massacrer les animaux qui attendaient leur dernière heure en banque. Votre serviteur a hérité d'une poule dont il dévorera demain une bonne cuisse en expédition. Ce n'est pas souvent que j'ai l'occasion de manger de la vraie viande. D'ailleurs, en parlant de la banque, les objets attendant d'être réparés ou transformés au moyen d'une scie s'accumulent inlassablement. Mais nous ne désespérons pas, nous l'aurons !
Mais certains ne sont pas aussi joyeux que les autres. Et on peut peut être considérer que c'est assez normal.
- Kokaine, elle m'a quitté, elle ne veut plus de moi ! pleure le jeune Mirran.
Je ne vous demanderais pas votre avis quant à vos pronostiques pour la suite de leur relation. Après tout, ça n'intéresse probablement pas le quidam. On peut à la limite s'inquiéter des raisons qui ont fait que Kokaine, qui semblait aimer Mirran encore quelques heures avant, le rejette désormais, mais vraiment, ce n'est pas intéressant. Cela ne nous regarde pas, et je me demande pourquoi je raconte ça.
Probablement pour conclure cette chronique, en fait.
À demain,
Galpha.