Les cris de Bolshak, cet imbécile qui n'a pas semblé en mesure de répondre à nos appels le suppliant de rentrer, nous ont tenus éveillés toute la nuit. Il hurlait plus fort que la mince foule de zombies qui frappaient à nos portes cette nuit et en a totalement couvert le bruit. Sa souffrance était peut être cruelle, mais il l'a bien mérité. Tout le monde le dit. Ce traitre à la cause, cet incapable, n'a rien mérité de moins que d'être abandonné pour faire face à la mort seul et dénudé. On ne sait même pas s'il a menti ou non à propos de ce fameux composant qu'il aurait déterré hier et qu'il, selon ses propres mots, s'empressait de ramener en ville pour que le scrutateur puisse être vite construit.
Le moins que l'on puisse dire est que au moins il n'a pas totalement fait honte à la caste des éclaireurs et que son passage éclair aura témoigné de l'intense pression subie par les traitres en notre présence. Aucune chance que quiconque se résolve à tenter de nous entourlouper à nouveau. Et si jamais quelqu'un se sentait le courage de tenter le coup, il rencontrerait quelques membres particulièrement virulents du gang des Capuches. Thyphus, alias "le Koala", s'est enfin exprimé. Hier il trainait, taciturne et silencieux, travaillant comme il pouvait pour faire honneur à ce premier jour de survie, mais faisant barrage à sa fameuse réputation de grand bavard. Et cette réputation, j'ai eu l'occasion de vérifier par le passé qu'elle n'était pas du tout usurpée. Il semble que les interventions douteuses du jeune Karpy aient provoquées notre ami au plus profond de son âme qui s'est donné pour mission de le remettre dans le droit chemin.
Mais revenons à Bolshak, qui se surnommait lui-même le "Fantôme" (et nous n'aurions jamais cru que ce surnom avait une signification aussi forte). Il s'est exprimé quelques minutes, se faisant notamment remarquer par l'affirmation comme quoi il possédait un composant électronique. J'analyserais plus tard cette affirmation pour tenter de déterminer si on peut la ranger dans la catégorie "légendes urbaines". Il a affirmé qu'il comptait rentrer avec afin de le placer symboliquement dans le système du scrutateur, essentiel pour repérer les tempêtes de sable qui retournent le désert lors de la nuit. Devant son absence flagrante, la douce Kokaine a pris la décision de déterrer un composant électronique elle aussi, et l'a ramené en ville. Bolshak, quant à lui, était fustigé. Et plus l'heure avançait, plus il était raillé par les vrais éclaireurs. Au final, il a été décidé de l'abandonner dans le désert. Et la honte règnera sur lui et toute sa famille durant plusieurs générations.
Maintenant, pour en revenir à la vie de la cité, les expéditeurs du jour ont décidé d'exploiter au maximum les ressources dont la région dispose. L'ambiance est toujours aussi fantastique, et les échanges culturels semblent de mise, Kokaine et Zel faisant notamment preuve d'une excellente connaissance cinématographique pré-infection. Des savoirs qui paraissent bien futiles dans un temps où nous ne cherchons plus qu'à survivre désespérément. Et le Gang des Capuches parait en passe de devenir réellement incontournable.
À demain,
Galpha.