On raconte que les habitants de cette Ville seraient... invisibles... On les appelle : les Eclaireurs.

vendredi 8 janvier 2010

Jour premier

Jour premier

Ça y est, le drapeau est planté. Sous un tonnerre d'applaudissements, le grand amateur de Robert Louis Stevenson fait une entrée triomphale dans la ville. Celui que l'on appelle tous Docteur Jekyll, le scientifique qui a voulu jouer avec des choses qu'il ne maîtrisait pas, avait enfin rallié ses frères de capuche dans ce que tout le monde nommait déjà la "Communauté dépravée".

Je suis Galpha, un de ses membres, et j'ai l'insigne honneur de chroniquer tous les évènements de cette cité dont la vie s'annonce mouvementée. Vu du ciel, le tracé des 4 premières expéditions de repérage, lancées tôt ce matin, ressemblait à une croix gammée. La faute à qui ? À un sale homme-matou dont personne ne parvient à connaître le nom et que tous nomment sobrement Meow. Et ce n'est qu'un des nombreux profils étranges qui peuplent déjà cette ville. Ils sont tous affublés de noms étranges, irréels. Vous me direz, Galpha, ce n'est pas courant, et difficile à expliquer, mais c'est un surnom qui vient comme ça. D'un autre côté, l'origine des pseudonymes conférés à Kokaine, Mister Mushy ou la Taupe ne laissent eux que peu de place au doute. Et c'est la vie de ces gens étranges que je vous raconterais tant que je serais capable de tenir mon crayon et mon calepin.

Pour l'instant, pas grand chose de particulier à signaler, bien que l'ambiance semble déjà quelque peu tendue entre certains des protagonistes. Un échange pour le moins virulent vient d'avoir lieu entre deux concitoyens dont, par respect, je tairais le nom pour le moment. Après tout, il se peut que les tensions s'apaisent dès demain, aussi je ne vais pas me mettre à les exacerber en les rendant publiques. En dehors de ça, on note que l'heure est à la découverte, les citoyens tentant de s'apprivoiser. Moi qui suis sociologue dans l'âme, je trouve tout cela très intéressant, et je m'amuserais volontiers à faire des prévisions quant aux affinités qui se formeront durant la ville. Mais pour l'instant, je suis en charge de vous raconter notre première journée avec justesse.

En dehors de l'ambiance en ville, on peut noter que les éclaireurs sont particulièrement appliqués dans leur tâche. L'appât du gain ou simplement la volonté de prouver notre supériorité au monde, quel qu'en soit le prix ? Il est trop tôt pour le dire. Je suis sorti en expédition avec mon vieux camarade des tranchées, Seldnor. Il était accompagné d'un couple quelque peu débridé formé par le jeune Mirran et sa compagne Kokaine, que j'avais citée plus haut. D'ailleurs je pense avoir mis un peu d'eau dans le gaz de leur couple, mais au fond, je ne m'en veux pas. Après tout, s'ils ne sont pas capables de supporter qu'un brave type comme moi fasse un bout de marche innocemment avec une femme, c'est qu'ils n'étaient pas forcément faits l'un pour l'autre.

Celestia et Zel, les deux autres amoureux de la ville, se montrent plus discrets. Et pourtant, eux, ils sont mariés. Allez comprendre...

On peut également noter la mauvaise humeur chronique de Casimir, surnommé aussi Colombus pour des raisons que je préfère ne pas savoir, ni même imaginer. En attendant, ils creusent. Pendant que nous étions tous occupés à récupérer le strict nécessaire pour nous barricader pour cette première nuit, un flux continu de nouveaux arrivants n'a cessé de remplir peu à peu la bourgade. Les trois derniers puritains étant Titou, Mister Mushy et Docteur Jekyll.

Pour finir cette première chronique, je dois vous avouer quelque chose qui peut être raisonnablement considéré comme honteux, et qui ne manquerait pas de discréditer totalement notre noble caste si le secret était révélé par un renégardien ou un scélératonlaveur. En effet, des citoyens, qui n'ont pas pu être identifiés par le témoin (quel incapable) auraient construit un portail. Il est bien évident que les coupables seront identifiés et fustigés comme il se doit. En attendant, je m'en vais achever ma longue expédition du jour en rentrant tel un loup repu dans ma tanière.

À demain,



Galpha.